D’où vient l’uranium de la France ?
La France se procure son uranium naturel principalement auprès de quatre pays : le Kazakhstan, le Niger, l’Ouzbékistan et la Namibie. À eux seuls, ces quatre pays fournissent environ 80 % des importations françaises. Le Kazakhstan est le leader mondial de la production d’uranium, avec 43 % de la production globale en 2022, suivi du Canada et de la Namibie. Le Niger, bien qu’il ne représente que 4,1 % de la production mondiale, occupe une place symbolique et stratégique pour la France, étant un fournisseur historique.
Le groupe français Orano (anciennement Areva) exploite des mines dans plusieurs de ces pays. Par exemple, au Niger, il gère la mine d’Arlit, et au Kazakhstan, il détient 51 % de la coentreprise Katco, en partenariat avec KazAtomProm. Cependant, les détails sur la répartition exacte des importations restent flous, car ni EDF ni Orano ne partagent de données précises à ce sujet.
Le groupe français Orano (anciennement Areva) exploite des mines dans plusieurs de ces pays. Par exemple, au Niger, il gère la mine d’Arlit, et au Kazakhstan, il détient 51 % de la coentreprise Katco, en partenariat avec KazAtomProm. Cependant, les détails sur la répartition exacte des importations restent flous, car ni EDF ni Orano ne partagent de données précises à ce sujet.
La concentration des sources d’approvisionnement en uranium expose la France à des risques géopolitiques majeurs. Par exemple, le coup d’État survenu au Niger en juillet 2023 a perturbé les exportations d’uranium vers la France. Les sanctions imposées par la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et la fermeture des frontières ont contraint Orano à suspendre temporairement ses activités sur place. De plus, l’exportation de l’uranium nigérien passe par le Bénin, un pays également touché par les tensions régionales, ce qui complique davantage la logistique.
Par ailleurs, la montée en puissance de la Chine et de la Russie dans les pays producteurs d’uranium inquiète. Le Kazakhstan, premier producteur mondial, a cédé 50 % de l’une de ses principales mines à Rosatom, l’entreprise publique russe. En Afrique, la Chine investit massivement dans l’exploration et l’exploitation de l’uranium, notamment au Niger et en Namibie. Ces deux pays, sous influence sino-russe, pourraient être tentés de privilégier leurs partenaires asiatiques au détriment de la France.
Par ailleurs, la montée en puissance de la Chine et de la Russie dans les pays producteurs d’uranium inquiète. Le Kazakhstan, premier producteur mondial, a cédé 50 % de l’une de ses principales mines à Rosatom, l’entreprise publique russe. En Afrique, la Chine investit massivement dans l’exploration et l’exploitation de l’uranium, notamment au Niger et en Namibie. Ces deux pays, sous influence sino-russe, pourraient être tentés de privilégier leurs partenaires asiatiques au détriment de la France.
Les coûts et les défis économiques
Chaque année, la France dépense entre 500 millions et un milliard d’euros pour importer de l’uranium. Pourtant, l’uranium naturel ne représente qu’environ 5 % du coût de production de l’électricité nucléaire, ce qui en fait une ressource assez peu coûteuse comparée à d’autres énergies. Malgré cela, dépendre d’un petit nombre de pays pour s’approvisionner expose la France à des risques économiques en cas de crise ou de tensions internationales.
Un exemple concret : la suspension des exportations d’uranium en provenance du Niger a eu des conséquences importantes. Orano, le groupe français, s’est retrouvé avec 1 150 tonnes d’uranium bloquées, d’une valeur de 210 millions de dollars, tout en devant continuer à payer ses employés sur place. Cette situation a accru les tensions entre Orano et les autorités au pouvoir au Niger, qui ont finalement pris le contrôle opérationnel de la mine de Somaïr.
Un exemple concret : la suspension des exportations d’uranium en provenance du Niger a eu des conséquences importantes. Orano, le groupe français, s’est retrouvé avec 1 150 tonnes d’uranium bloquées, d’une valeur de 210 millions de dollars, tout en devant continuer à payer ses employés sur place. Cette situation a accru les tensions entre Orano et les autorités au pouvoir au Niger, qui ont finalement pris le contrôle opérationnel de la mine de Somaïr.
Les solutions envisagées par la France
Pour faire face à ces défis, la France explore plusieurs pistes pour diversifier ses sources d’approvisionnement en uranium. Par exemple, en octobre 2023, Orano a signé un accord avec la Mongolie pour exploiter la mine de Zuuvch-Ovoo, située dans le désert de Gobi. Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques, car la Mongolie se trouve entre la Chine et la Russie, deux pays dont l’influence politique et économique ne cesse de croître dans la région.
D’autres options sont également à l’étude, comme le renforcement des partenariats avec des pays riches en uranium, tels que le Canada, l’Australie ou les États-Unis. Mais cette diversification pourrait entraîner une hausse des coûts de transport et rendre la France plus dépendante des pays anglo-saxons.
Enfin, une autre possibilité serait de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Cependant, cela remettrait en cause l’un des atouts majeurs de la France : son autonomie énergétique et sa compétitivité grâce à cette source d’énergie.
L’uranium est un élément central de la souveraineté énergétique de la France. Avec 75 % de son électricité produite grâce au nucléaire, le pays ne peut pas se permettre une interruption de ses approvisionnements. Les récents événements au Niger ont révélé à quel point la France est vulnérable face aux crises géopolitiques et à la concurrence croissante entre la Chine et la Russie.
Pour garantir son approvisionnement, la France doit non seulement diversifier ses sources d’uranium, mais aussi renforcer son influence dans les pays producteurs. Cela implique de mettre en place des stratégies diplomatiques et économiques pour protéger ses intérêts à l’étranger et limiter l’influence des autres puissances.
D’autres options sont également à l’étude, comme le renforcement des partenariats avec des pays riches en uranium, tels que le Canada, l’Australie ou les États-Unis. Mais cette diversification pourrait entraîner une hausse des coûts de transport et rendre la France plus dépendante des pays anglo-saxons.
Enfin, une autre possibilité serait de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Cependant, cela remettrait en cause l’un des atouts majeurs de la France : son autonomie énergétique et sa compétitivité grâce à cette source d’énergie.
L’uranium est un élément central de la souveraineté énergétique de la France. Avec 75 % de son électricité produite grâce au nucléaire, le pays ne peut pas se permettre une interruption de ses approvisionnements. Les récents événements au Niger ont révélé à quel point la France est vulnérable face aux crises géopolitiques et à la concurrence croissante entre la Chine et la Russie.
Pour garantir son approvisionnement, la France doit non seulement diversifier ses sources d’uranium, mais aussi renforcer son influence dans les pays producteurs. Cela implique de mettre en place des stratégies diplomatiques et économiques pour protéger ses intérêts à l’étranger et limiter l’influence des autres puissances.