Ce projet renégat, qui feint de garder le mot “communiste” (pour combien de temps?) vise surtout à ouvrir une brèche : une fois qu’on aura changé une première fois le nom du PCF et brisé ce que nos liquidateurs appellent un “tabou”, il ne sera pas difficile de procéder “à l’italienne” en abandonnant très rapidement le mot communiste lui-même, et le mot français par dessus le marché ; Mais en outre il est clair qu’accoler “démocratique” à “communiste”, c’est cracher sur le communisme passé, comme si les Communards, les prolétaires russes qui construisirent le premier Etat socialiste du monde, les ministres Croizat, Thorez, Paul, Billoux,Tillon, qui donnèrent à la France en 45 ses plus belles avancées /démocratiques/ n’étaient pas des démocrates, alors que les communistes, au premier rang desquels les combattants de Stalingrad, venaient de sauver le monde du nazisme ! -c’est faire apparaître ces deux mots, “communiste” et “démocratique” comme des contraires, comme si en lui-même le communisme était antidémocratique ou non démocratique ; -sur le fond, c’est encore plus grave : car le mot “démocratique” devrait être approché /sur des bases de classe/ par les communistes ; on voit assez dans quel enfer les “démocraties” capitalistes occidentales, à commencer par les Etats-Unis d’Amérique, plongent la planète avec leurs monstrueuses inégalités, leur pratique LEGALE de la torture, leurs guerres à répétition, leur blocus et leurs embargos…
En réalité, comme le disait Fidel en 1989 en répliquant à Gorbatchev, le chef de file mondial des liquidateurs du communisme, “/il y a la démocratie des riches et la démocratie des pauvres, la paix des riches et la paix des pauvres/” : mais nous les militants franchement communistes, n’avons pas peur de dire ce que nous voulons : non pas un “communisme démocratique” (c’est ce que disait Gorby, et on a vu que cela a transformé les ex-pays socialistes en /dictatures/ anticommunistes fascisantes), mais une démocratie/ socialiste/, qui mettra les /travailleurs /au pouvoir et les /exploiteurs /à la raison -nous conseillons à nos grands novateurs, qui sont surtout de grands ignorants de la théorie marxiste, de lire pour la première fois de leur vie “La guerre civile en France” de Marx (une analyse scintillante de la Commune de PAris) et “L’Etat et la révolution” de Lénine : celui-ci expliquait déjà à l’époque pourquoi les militants révolutionnaires devaient renoncer au vieux mot de “social-démocrate” pour le mot “communiste”, directement emprunté par Lénine et la langue russe à la langue française et aux Communards ; pas seulement parce que la IIème Internationale social démocrate avait trahi en appelant les ouvriers à participer à la tuerie impérialiste de 14/18, mais parce que le but du communisme est la fin des classes sociales et donc, la /fin de l’Etat politique/ considéré comme un instrument de domination d’une classe sur une autre. C’est pourquoi le communisme disait Lénine, ne “limite pas sa perspective à la démocratie” : il est un /dépassement de la démocratie/, dont la première étape est la /dictature du prolétariat. /
En réalité, en accolant “démocratique” (sans contenu de classe) à communiste, nos “innovants” qui reviennent ainsi… 90 ans en arrière !, renoncent au communisme dont le dernier mot, au-delà de toute forme d’Etat fût-il démocratique, est “le dépérissement de l’Etat” par approfondissement de la démocratie /populaire/, jusqu’à la gestion de l’ensemble des questions sociales par l’ensemble des travailleurs devenus “producteurs associés”, ET NON par un Etat, par un appareil professionnel détaché des masses (bien entendu, Marx et Lénine ne visent pas les enseignants, postiers, infirmiers et autres personnels des services publics, mais l’appareil politique et répressif de l’Etat). C’est Marx qui résumait ainsi sa théorie en 1852 dans une lettre à Weydemeyer :
Lutte pour le socialisme, qui impose aux communistes de prendre la tête de la lutte pour l’élargissement des libertés démocratiques au sein même de la démocratie bourgeoise, démocratie socialiste (c’est-à-dire dictature du prolétariat et de ses alliés sur les exploiteurs et démocratie la plus large pour les exploités), et cela jusqu’au dépassement de l’Etat et à l’extinction des classes sociales, pour permettre le “développement intégral de chaque individu, voilà le communisme véritable, à mille lieux de ceux qui veulent tout bonnement faire du “communisme” un appendice de la social-démocratie devenue social-eurocratie… à l’heure où le PCF laisse étrangler la souveraineté nationale sans dire un seul mot !
Quant à la rupture avec les expériences du passé, dont tous les aspects positifs sont grossièrement gommés à l’heure où les peuples de l’Est disent dans tous les sondages (Russie, Hongrie, ex-RDA…) que le socialisme était meilleur que le capitalisme, elle fait abstraction de toute analyse de classe et participe de la criminalisation pan-européenne du communisme qui nous mènera tous trsè vite, si nous ne refusons pas l’anticommunisme et l’antiléninisme, aux portes du fascisme et de la répression anticommuniste. Au demeurant il serait aisé de montrer, à l’inverse des prétentions démocratiques BOURGEOISES des Cohen-Séat, Borvo et Cie, que les blocages apparus dans des conditions données dans la construction du socialisme, sont liées non à un “modèle soviétique en échec” mais, d’une part, à l’encerclement capitaliste et à la guerre de classe mondiale que le capitalisme resté prédominant n’a cessé de mener contre le socialisme, et d’autre part aux refus d’un certain nombre de pays, dans des conditions données, de faire ce que l’on fait à Cuba avec les CDR : non pas enfler l’administration et l’appareil d’Etat, mais ARMER LES MASSES, les organiser elles-mêmes, leur faire au maximum confiance (ce qui n’allait pas nécessairement de soi en RDA, tout juste sortie des entrailles du monstre nazi, avec une population qui avait été décervelée et déshumanisée par le fascisme).
Par conséquent, non seulement les “communistes démocratiques” donnent un gage de servilité supplémentaire au capitalisme et la “belle gauche” avec leur “changement de nom”, mais ils n’ont strictement rien compris aux problèmes du communisme passé qu’ils posent dans l’abstrait, dans les termes même de l’ennemi de classe, en ignorant la nécessité d’étudier l’histoire concrètement, sans oublier les rapports de forces nationaux et internationaux…
Que Mmes et MM. Borvo, Cohen-Séat et leurs semblables soient néanmoins remerciés de vendre ainsi la mèche sur les buts liquidateurs persistants des dirigeants du PCF : il apparaît de plus en plus nettement que l’objectif des vrais communistes, alors que des liquidateurs tentés sont à la tête du PCF, n’est ni de “réunir la famille communiste” (sic) mutants, refondateurs, “métamorphoseurs” et révolutionnaires unis, ni de “remettre le PCF sur les rails du combat de classe”, mais d’UNIR TOUS LES COMMUNISTES DANS L ACTION POUR, LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE, FAIRE EN SORTE QUE LES COMMUNISTES-, membres ou pas du PCF- à l’instar de leurs anciens au congrès de Tours , DECIDENT ENSEMBLE DE SE SEPARER de ceux qui désarment et paralysent le mouvement ouvrier en le livrant pieds et poings liés aux casseurs de France de l’UE et de l’UMPS.